CO-PRODUIRE AVEC LA CHINE: MODE D’EMPLOI

Pendant cette édition du FIPA, plusieurs films documentaires chinois ont été projetés. Mais la nouveauté cette année, c’est l’organisation d’une rencontre professionnelle intitulée : Produire avec la Chine.

Mode d’emploi avec le producteur Leland Ling.

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En Chine, il y a le plus grand public au monde, des centaines de chaines de télévision nationales et locales. Serait-ce donc un eldorado potentiel pour la production européenne ?

La plus grande difficulté qui empêche qu’il y ait plus de co-productions, franco-chinoise, est que les deux parties ont une vision différente de ce qu’est une production audiovisuelle. Ce qui prime, c’est le rapport du sujet avec la société chinoise, et son traitement. Tout va bien lorsqu’on parle des grands mammifères, des trésors architecturaus de la renaissance ou encore des arts culinaires. Le choix des sujets est très important pour les producteurs chinois, car ils ne peuvent pas ignorer les enjeux politiques d’un film. Le « système » chinois, a instauré des lois qui organisent le champ médiatique, et qui interdisent complètement le traitement de certains sujets d’un point de vue qui est différent à celui de l’état. La censure est un fondement de ce système. Alors si un producteur français veut partir à la conquête du marché chinois, il doit oublier certains sujets sensibles!

La critique sociale existe certes dans de nombreux documentaires chinois (Wang Bing,…) mais ces productions sont diffusés sur le web et à l’étranger. Ce sont ces films qui sont souvent couronnés de prix au FIPA ou ailleurs.

La question qui se pose alors : comment faire dans ce contexte pour contourner la censure et ne pas entrer dans le conflit avec l’Etat? Pour que la coproduction marche, les coproducteurs devraient arriver à un compromis, permettant au film d’exister sans qu’il ait des problèmes d’ordre légal lors du tournage où pendant la diffusion du film. Pour cela les coproducteurs étrangers doivent essayer de comprendre le contexte politique, la culture, et d’aborder la société chinoise dans sa particularité. « Le documentaire devrait être un moyen de dialogue entre l’Occident et la Chine », résume le producteur. Et comment faire des films qui ont un point de vue diffèrent de celui de l’état? La seule solution, répond Ling et de respecter les différents points de vue. Car maintenant les producteurs chinois arrivent à accepter la pluralité, et s’ouvrent plus à la production étrangère. Alors, il faut instaurer une confiance entre les deux parties, et qu’ils respectent les différentes façons d’interpréter le monde.

Pour cela, la solution que le producteur chinois préconise, deux versions du film. Souvent, le montage final de certaines productions européennes ne montre pas le point des chinois (quand il ne le dénonce pas!) ni à séduire le spectateur local.

Ce qui est selon Leland Ling, d’une vision réductrice de ce qu’est la Chine. Notre producteur a terminé notre interview avec un grand sourire en disant : «  pourquoi pas faire des documentaires sur les plantes médicales ou la mode, c’est bien pour tout le monde, et on sera tous Happy » !

http://www.licchina.net/index.php/About/index

PHE-MIE CHEN

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