« Cultiver une certaine idée du bonheur »

Comment mieux vivre au travail ? Qu’est ce qu’un travailleur heureux ? Ce sont les questions posées par Martin Moissonnier dans son film Le Bonheur au travail (2012) présenté cette année au FIPA.

 

le bonheur au travail 1

Les spectateurs découvrent dans ce film différentes entreprises dites ‘’libérées’’ des contraintes hiérarchiques – bien souvent factrices de stress et d’aliénation – où les salariés s’auto-organisent pour faire fonctionner au mieux leur société. La créativité des travailleurs est désormais prise en compte, les responsabilités patronales disparaissent, le travail collectif est mis en avant, avec pour seul mot d’ordre : la confiance.

En Californie, la responsabilité est donnée à un petit groupe de personnes, le patron ne donne plus de directive précise à ses employés, les travailleurs sont autonomes.

A Montauban, dans l’usine de biscuits Poult, les 400 employés ont pris en mains leur destin, les hiérarchies intermédiaires ont été supprimées. Les chefs d’ateliers sont devenus des conseillers pour les ouvriers ou travaillent désormais eux même sur les machines.  Les opérateurs de chaîne ont pris entièrement le contrôle de leur chaîne.

A Nantes, l’entreprise Chronoflex est allée plus loin. En plus de donner une plus grande liberté aux travailleurs, elle repense aujourd’hui la rémunération salariale en mettant en place un système de bonus pour inciter les personnes à s’investir davantage dans la société. La production s’est considérablement accrue.

Ces exemples de nouveaux modes d’organisations du travail qui tendent inconsciemment – malgré leur réussite – vers un important paternalisme, nous invitent à nous interroger sur le rôle social du travail et sur l’utilité que nous lui accordons.

Les aspects ‘’néfastes’’ de ces modèles alternatifs auraient cependant mérités d’être davantage développés. La disparition progressive des syndicats d’entreprises, la flexibilité, la multiplication des open-space, la suppression du pointage donc du contrôle des heures de travail permettant de justifier les salaires sont un peu étouffés par l’enthousiasme exacerbé parfois gênant porté tout le long du documentaire pour ces nouveaux fonctionnements productifs. D’autres part, l’enchainement effréné des séquences rythmées par une musique ‘’jingle’’ et une voix off un peu trop présente dessert quelque peu le sujet du film.

Malgré un thème séduisant Le bonheur au travail n’a malheureusement pas fait le bonheur de tous.

 

.Caroline Garcia de Las Bayonnas.

 

Bande annonce : http://vimeo.com/76046910

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