Britten’s endgame

La musique est un cri qui vient de l’intérieur”. Benjamin Britten a toujours puisé son inspiration au plus profond de lui non seulement pour exorciser ses vieux démons mais aussi pour clamer haut et fort tout l’amour qu’il portait en lui.

Britten's endgame

Dans « Britten’s Endgame » de John Bridcut, nous découvrons la vie et l’œuvre de ce musicien hors-pair connu pour être « le plus grand compositeur de son siècle ». Durant prés de deux heures le réalisateur, à travers plusieurs dispositifs, nous montre les tenants et les aboutissants qui ont permis à Benjamin Britten d’écrire et de composer les grands chefs d’œuvres qui ont fait sa renommée. A travers des images d’archive de l’artiste, à travers des entretiens avec des personnes qui l’ont côtoyé et à travers ses magnifiques compositions interprétées par un orchestre philharmonique le réalisateur lie la relation qui existe entre la vie privée de l’auteur et ses œuvres artistiques. En effet, si l’on est absolument scotché par les très belles images sur lesquels les musiciens jouent les œuvres de Britten, le film est réellement intéressant quand il s’intéresse à cet homme rongé par le stress et légèrement alcoolique. On est alors bouleversé par la relation qu’il entretient avec son compagnon, Peter Pears le plus célèbre ténor britannique du XXème siècle, qui jouera tous les grands rôles de ténor des opéras de Britten.

Britten et pears jpeg

Puis le film s’intéresse à son dernier opéra « Mort à Venise ». Britten qui est en mauvaise santé et qui accumule les problèmes cardiaques, refuse de se faire opérer pour pouvoir terminer l’écriture de sa dernière oeuvre. En effet, à la manière d’un Freddie Mercury, il se doute que la fin approche. Il décide alors d’offrir le dernier grand rôle à son compagnon et fait l’analogie entre sa propre vie et l’histoire de cet opéra. Le réalisateur arrive donc à travers ce film à montrer non seulement l’artiste très inspirée qu’est Benjamin Britten mais aussi les complexités de sa personnalité. C’est ce dosage que le réalisateur a su maitriser et qui rend le film intéressant. Néanmoins je ne pense pas que ce soit une fin de partie pour Benjamin Britten car la musique et l’art en générale permettent d’immortaliser l’artiste en transcendant le temps car une bonne œuvre d’art est une œuvre qui traverse le temps sans prendre une ride. On continue donc à travers les magnifiques compositions de Britten de comprendre sa personnalité, son état d’esprit, ses doutes et ses joies.

Le film est donc avant toute chose un beau document sur un artiste sensible. En effet, pour Britten aussi “la musique est un cri qui vient de l’intérieur”. Un cri terrible, un cri d’amour, un cri blessant, un cri d’espoir, un cri franc et honnête qui a fait de ce britannique le plus grand artiste de sa génération.

Voir la bande annonce du film

Dimitri Hughes

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